Si certains gènes sont impliqués dans le vieillissement de la peau, c’est avant tout l’environnement qui détermine le moment de leur action : soleil, tabac, pollution, stress peuvent en être responsables.

Passés les 25 ans, c’est inéluctable: la fabrication de collagène de notre peau diminue chaque année de 1%. Or cette protéine est un composant essentiel du derme. C’est le collagène qui, associé à l’élastine, donne à la peau sa fermeté. Sa raréfaction va donc de pair avec l’apparition des premières rides. D’autant qu’elle s’accompagne d’une diminution de la production d’acide hyaluronique, un autre composant indispensable pour l’aspect lisse et jeune de la peau. Bien entendu, ces processus sont le reflet du vieillissement naturellement inscrit dans nos gènes. Mais l’apparition plus ou moins précoce des rides dépend à la fois de facteurs endogènes (l’état de santé, la ménopause et la baisse des taux d’œstrogènes) et exogènes (soleil, tabac, pollution…).

Côté vieillissement naturel, plusieurs études ont récemment mis en cause un gène lié à la pigmentation de la peau. Baptisé MCR1, il est impliqué dans la synthèse de pigments et se présente sous plusieurs variantes, dont une particulièrement présente chez les personnes à peau claire, pour qui les rides sont plus marquées. Reste que ce gène agit en nous rendant particulièrement sensibles aux effets du soleil. Lequel joue un rôle de premier ordre dans le vieillissement de la peau et, partant, dans la formation précoce de rides.

Pour notre peau, comme pour les autres organes, le vieillissement résulte en effet d’un déséquilibre entre la dégradation et la réparation des tissus. Les travaux de nombreux chercheurs suggèrent que les cellules cutanées subissent plus ou moins l’agression de radicaux libres: ayant perdu un électron, ces atomes ou molécules sont rendus instables et n’ont de cesse d’en capter dans leur environnement, générant alors une réaction en chaîne – le fameux stress oxydant – qui aurait pour effet de détruire le collagène. D’un autre côté, il semble que notre organisme s’emploie à réparer les dégâts à l’aide d’antioxydants: des enzymes qu’il produit lui-même ou des vitamines fournies par l’alimentation. Seulement, ce système de réparation a ses limites. D’autant plus vite atteintes que la peau serait bombardée de radicaux libres en étant exposée au soleil, au tabagisme ou à la pollution. Et de ce point de vue, le soleil occuperait la première place.

Lumière visible et infrarouge

Au vieillissement cutané intrinsèque, lié à l’âge et marqué par un amincissement de l’épiderme et du derme, se superposerait donc celui induit par une exposition répétée aux rayons du soleil. Comme l’ont montré plusieurs études, les UV ont la particularité d’inhiber la synthèse de procollagène. Autre impact négatif: ils favorisent la dé- gradation du collagène et de l’élastine, et poussent à la production de fibres élastiques anormales dans le derme. Mais il y a plus inquiétant: comme le souligne le Dr Pierre Stoebner, dermatologue au CHU de Nîmes, des travaux récents ont montré que la lumière visible et les infrarouges peuvent non seulement générer un stress oxydant, mais aussi pénétrer en profondeur dans le derme et l’hypoderme. Si nos gènes et notre âge sont déterminants dans l’apparition des rides, il conviendrait donc de mieux se protéger du soleil, et pas seulement des UV. Sans oublier que le stress, la prise de certains médicaments ou le poids ont également une incidence sur les rides.

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