RECHERCHE Cette observation pourrait contribuer à la mise au point d’un premier vaccin, estiment les chercheurs français… 

Sa capacité à se déguiser le rendait jusqu’alors visuellement indétectable. Plus de vingt-cinq ans après sa découverte, le virus de l’hépatite C a été observé au microscope électronique à l’université de Tours (Indre-et-Loire). Une première, qui pourrait contribuer à la mise au point d’un premier vaccin, estiment les chercheurs français à l’origine de cette observation.

Ce virus, le VHC, découvert en 1989, « se cache » en prenant l’apparence d’une simple petite boule blanche lipidique parmi d’autres dans le sang, explique Jean-Christophe Meunier, chargé de recherche Inserm à Tours et responsable de ces travaux récemment parus dans le journal spécialisé Gut.

Une espèce de sandwich gras

Plus concrètement, les particules virales présentent une structure particulière, formant une espèce de sandwich gras, avec en son centre le matériel génétique du virus (l’ARN viral). La taille du virus varie en fonction du nombre de couches de gras.

« Cette structure concorde tout à fait avec des travaux antérieurs de biologie moléculaire qui prédisaient cette organisation. Ces observations valident donc vingt-cinq ans de travail de la communauté scientifique », selon Jean-Christophe Meunier.

Des anticorps pour distinguer le virus

Pour s’assurer qu’il s’agissait bien du virus, les chercheurs ont utilisé des anticorps spécifiques dirigés contre ses protéines virales. Un procédé grâce auquel ils sont parvenus à le distinguer des simples particules lipidiques présentes dans le sang des patients.

Désormais, « la possibilité de visualiser le virus va aider à mettre au point un vaccin car on a besoin de connaître sa structure pour savoir sous quel angle l’attaquer », précise le chercheur.

700.000 décès par an des suites de l’hépatite C

En 2013, une équipe américaine pensait avoir réussi cette prouesse de visualiser le virus. Mais elle s’était en fait méprise sur la nature des particules observées, d’après l’équipe française.

Entre 130 et 150 millions de personnes dans le monde sont infectées par le virus de l’hépatite C, qui cause chaque année quelque 700.000 décès.

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