SANTE Une technique thérapeutique controversée sur le plan éthique…

Le comité d’éthique du Royaume-Uni a validé ce jeudi la conception de bébés à partir de l’ADN de trois « parents ». Cette technique thérapeutique permet de combiner les ADN de deux femmes et d’un homme, pour éviter la transmission d’une maladie héréditaire maternelle. Cette autorisation est une première mondiale.

« Un feu vert prudent »

« Nous avons pris une décision historique et mûrement réfléchie. Les familles concernées ont enfin une chance d’avoir un enfant en bonne santé », a déclaré Sally Cheshire, la présidente de l’Autorité de régulation de l’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA). Elle évoque toutefois « un feu vert prudent ».

La technique devrait être utilisée dans un premier temps sur environ 25 couples et un premier bébé pourrait naître dès fin 2017. Dans les années qui suivront, 200 bébés pourraient être concernés tous les ans. Les couples « venus de l’étranger seront les bienvenus » assure Sally Cheshire.

 

Une technique controversée

« Maintenant, nous avons besoin de donneurs d’ovules », a commenté le professeur Mary Herbert, de l’université de Newcastle, qui a développé la technique expérimentale. Les modifications génétiques ne concerneront que 1 % de l’ADN des bébés, mais ce changement sera permanent et se transmettra aux générations futures.

Cette technique de fécondation in vitro avec « remplacement mitochondrial » reste controversée. Ses défenseurs estiment qu’elle permettra à 3.000 couples au Royaume-Uni de donner naissance à des enfants en meilleure santé. Pour ses opposants en revanche, elle n’est pas encore mûre et ouvre la boîte de Pandore de l’eugénisme.

« Le processus a duré cinq ans »

« Je ne pense pas qu’on s’engage sur une pente glissante. (…) Le processus a duré cinq ans. Il y a eu un grand débat public. Quatre rapports ont été publiés. Le Parlement a débattu de la question et a approuvé la technique à une majorité de trois contre un », justifie Sally Cheshire.

Les députés britanniques ont approuvé le procédé dès février 2015. En novembre, un comité indépendant d’experts a recommandé une « adoption prudente ». « Notre conclusion est qu’il faut avancer », rappelle son président, le docteur Andrew Greenfield, devant la commission de l’HFEA.

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